Pourpier : qu’est ce que c’est ?

Le Pourpier : Un légume-plante aux qualités précieuses

pourpierBien que cultivé comme légume et fréquemment recommandé en phytothérapie, le pourpier (Portulaca oleracea) est une des plantes médicinales encore mal considérées par plusieurs, du fait qu’il recouvre et envahisse rapidement les sols sarclés. Cette herbe annuelle glabre, originaire d’Asie occidentale, pousse dans de nombreux pays, mais en particulier dans les zones chaudes et tempérées du globe. La découverte de ses vertus thérapeutiques ne date pas de quelques années, mais remonte à plus de 2000 ans. Dans la médecine traditionnelle chinoise, la consommation régulière de ses tiges et de ses feuilles charnues, au goût légèrement acidulé, aide à combattre le cancer et lutter contre la sénescence cérébrale, grâce à la présence de colorant bétacyanine dans leur composition. C’est aussi un remède efficace contre les différents troubles digestifs et urinaires (1). En Iran, cette médication naturelle est recommandée pour venir à bout du lichen plan qui touche les muqueuses buccales (2). Dans les autres pays du globe, comme l’Australie, les États-Unis, et la France, le pourpier a été surtout utilisé dans le domaine culinaire. Délicieux en salade et en potage, ce légume est apprécié pour sa faible calorie, très indiqué en période de régime, ainsi que pour ses vertus tonifiantes et diurétiques.

Un allié minceur incontournable et source de nutriments

Apport énergétique réduit

Une des qualités les plus connues du pourpier est son apport calorique très réduit, estimé à 76,8 KJ pour 100 g de celui-ci. Cet aliment diététique et peu énergétique est gorgé d’eau à hauteur de 93,9 % de son volume. Pris comme entrée, avant le plat de résistance, ses feuilles agissent comme un coupe-faim, en déclenchant rapidement la sensation de satiété. Certains préfèrent utiliser le pourpier en tisane, pour mieux profiter de ses vertus. Dans la même portion de 100 g, l’on peut également trouver des fibres d’environ 0,9 g, près de 0,1 g de lipides, de 1,3 g de protéines et de 3 g de glucides. Bien évidemment, pour atteindre facilement ses objectifs de perte de poids, l’adoption d’un régime sain et équilibré, couplé à la pratique régulière d’activités physiques est essentielle. La consommation de pourpier comme base de l’alimentation ne suffit pas. (3)

Teneur en oligo-éléments élevée

Pour les personnes désireuses d’éliminer les kilos en trop, la prise de pourpier pendant les régimes amaigrissants constitue une excellente mesure de précaution contre une éventuelle carence alimentaire. Cette plante aux vertus multiples renferme une quantité impressionnante d’oligo-éléments, qui pourront assurer le bon fonctionnement de l’organisme. 100 g de pourpier comprend (4) :

– 494 mg de potassium, qui est connu pour favoriser la digestion, et faciliter la contraction des muscles. Des recherches scientifiques ont également prouvé sa capacité de réduire les risques d’hypertension artérielle (5).

– 68 mg de magnésium, indispensable à la formation des os et des dents, la fixation du calcium, la croissance chez les jeunes, et dans la transmission de l’influx nerveux. Le magnésium encourage, d’autre part, la plasticité cérébrale, améliore la mémoire pour éviter son déclin (6).

– 65 mg de calcium, qui joue également un important rôle dans la formation des os et des dents, dans la coagulation et la pression sanguine, ainsi que dans la contraction des muscles. Cet oligo-élément participe aussi dans le fonctionnement de certains processus enzymatiques de l’organisme (7).

– 45 mg de sodium, qui est un des éléments essentiels à l’organisme, notamment à la transmission de l’influx nerveux et la fluidité du sang.

– 1,99 mg de fer, qui assure une fonction non négligeable, dont la formation des globules rouges. Une carence est souvent source d’anémie. Le fer intervient aussi dans le transport du dioxygène dans le sang, depuis les poumons jusqu’aux cellules (8).

– 0,11 mg de cuivre, également essentiel à la vie. Cet oligo-élément contribue aux différents processus biologiques, en garantissant entre autres le transfert d’électrons. Près de 40 % des protéines assimilées par l’organisme, par exemple, ne peuvent agir correctement que si elles ne se fixent qu’à des ions métalliques comme le cuivre (9).

– 0,9 μg de sélénium, qui, selon les scientifiques, participe activement au maintien des défenses immunitaires (10), diminue le taux de mauvais cholestérol ou LDL dans le sang en augmentant légèrement le taux de bon cholestérol ou HDL (11), et réduit les risques de contracter des cancers, dont ceux du côlon et de la prostate (12).

Riche en vitamines et en provitamine

Le pourpier est un véritable concentré de vitamines. 100 g de ses feuilles fraiches apportent à l’organisme (13) (14):

– 21 g de vitamine C ou acide ascorbique, un apport largement plus élevé que celui de la pomme, mais moins que celui du citron toutefois. Un antioxydant par excellence, cette vitamine protège l’organisme des effets néfastes des radicaux libres. La vitamine C assure, par ailleurs, la synthèse des globules rouges et du collagène, stimule les défenses immunitaires, tonifie le corps, et agit comme un antiscorbutique. Une carence peut augmenter les risques de maladies cardio-vasculaires, d’hypertension artérielle et de poly-infections.

– 2,1 à 3 mg de β-carotène à la concentration. C’est également un puissant antioxydant, qui agit positivement dans la lutte contre les radicaux libres. La β-carotène présente aussi des bienfaits sur les performances cognitives. Sa consommation en forte dose ne constitue aucun danger pour l’organisme.

– 480 μg de vitamine B3, PP, ou nicotinamide. Cette vitamine hydrosoluble entre surtout dans le métabolisme des glucides, lipides et protides. C’est aussi une antipellagreuse. Une avitaminose PP entraine la pellagre, une maladie grave qui se traduit par des lésions de la peau, suivies par la suite de troubles du système nerveux central.

– 110 μg de vitamine B2 ou Riboflavine. Cette vitamine est connue pour son rôle de synthétiser les flavines. Celle-ci intervient aussi dans le métabolisme des protides, lipides et glucides. Une avitaminose se manifeste par des lésions des muqueuses buccales, de la langue et des yeux.

– 70 μg de vitamine B6 ou de pyridoxine. Cette vitamine joue un rôle important dans le métabolisme des lipides et des acides aminés et dans la synthèse de la vitamine B3. Son action sur les neurotransmetteurs, notamment la dopamine, la mélatonine et la sérotonine est aussi connue.

– 40 μg de vitamine B1, aneurine ou thiamine. Cette vitamine participe dans le métabolisme des glucides et à la conversion des aliments en énergie. Sa prise en quantité suffisante tous les jours permet de garantir le bon fonctionnement des muscles et du système nerveux. Une carence en vitamine B1 peut causer le béribéri, des myocardites, des polynévrites, des œdèmes ou encore une encéphalopathie de Gayet-Wernicke.

– 12 μg de vitamine B9 ou acide folique. Les principaux rôles de cette vitamine consistent à synthétiser les purines, les pyrimidines, et les acides aminés. Elle assure également la méthylation de l’ADN, de l’ARN et des protéines, contribue également à la fabrication de cellules, et au maintien du bon fonctionnement du système immunitaire ainsi que du système nerveux.

Des acides gras essentiels pour la santé du cœur dans le pourpier

Une des propriétés médicinales, qui fait la réputation du pourpier, est son pouvoir de prévenir les maladies cardio-vasculaires. Ceci s’explique par la présence d’acides gras protecteurs et d’antioxydants dans sa composition. Ce n’est donc pas étonnant que ce légume-plante est l’ingrédient de base du régime « Crétois » qui est célèbre pour sa capacité de réduire les risques de trouble cardiaque, d’accident cardio-vasculaire ou AVC et d’infarctus du myocarde. La composition d’acides gras essentiels dans le pourpier se présente comme suit (15) :

– L’acide α-linolénique présente une teneur élevée, oscillant entre 24,48 et 39,06 % des lipides disponibles dans la plante. Cet acide gras polyinsaturé oméga-3 est capital dans la prévention de nombreuses maladies, et dans la croissance chez les jeunes. De nombreuses recherches scientifiques ont démontré sa faculté de réduire les risques de maladies cardiovasculaires (16).

– L’acide palmitique saturé ou acide cétylique avec une teneur d’environ 24,26 % des lipides. Cet acide gras possède un rôle dans la synthèse de l’ATP.

– L’acide stéarique saturé ou octodécanoïque à hauteur de 8,72 %. Contrairement aux autres acides gras saturés, l’acide stéarique n’augmente pas les risques de contracter des maladies cardio-vasculaires. Certaines recherches scientifiques ont même démontré son action sur les facteurs de coagulation sanguine, en luttant contre la formation de caillots et en réduisant le volume des plaquettes.

– L’acide linoléique oméga-6 d’environ 6,31 % des lipides. Cet acide gras essentiel polyinsaturé participe à la fabrication des membranes cellulaires.

– Les acides chlorogéniques, dont l’acide 3-caféylquinique et l’acide 5-caféylquinique. Ces composés phénoliques possèdent des propriétés antioxydantes et anxiolytiques. Des recherches scientifiques affirment aussi que leur apport au quotidien permet de prévenir le diabète de type 2 (17). Une étude in vitro a permis aussi de mettre en évidence leur capacité de protéger l’organisme contre l’oxydation du mauvais cholestérol ou LDL, responsable des maladies coronariennes et de la formation de plaque d’athérome (18).

Autres substances actives

Mis à part les vitamines, les oligo-éléments et les acides gras saturés et insaturés, le pourpier regorge également de flavonoïdes, à savoir l’apigénol et le kaempférol.

– L’apigénol ou l’apigénine, présent dans pas mal de plantes médicinales et légumes vertes, est doté de propriété anti-inflammatoire. Ce flavonoïde agit également comme un inhibiteur de l’enzyme cytochrome P450 2C9, premier responsable du métabolisme des substances médicamenteuses dans l’organisme (19).

– Le kaempférol est un pigment, responsable de la coloration de la plante. A l’instar des flavonoïdes de type flavonol, celui-ci possède une propriété antioxydante. Cette qualité peut être constatée grâce à l’effet protecteur de ce flavonol vis-à-vis de l’hémolyse de globules rouges induite par les radicaux (20).

Les vertus thérapeutiques du pourpier

Le pourpier est une plante médicinale de premier recours, grâce à ses innombrables bienfaits.

– Cardio-protecteur : ce légume-plante est recommandé aux patients cardiaques, pour compléter efficacement leur traitement. Sa prise de temps en temps, en tant que médication ou boisson, prévient les maladies cardiovasculaires et réduit significativement les risques d’en contracter.

– Antioxydant : cette plante médicinale combat les radicaux libres et protège l’organisme de leurs effets néfastes, en les éliminant. Le diabète, les cancers, les maladies inflammatoires, la maladie d’Alzheimer, sont autant d’affections pouvant être occasionnées par ces molécules chimiques instables, sans parler du vieillissement tissulaire.

– Tonifiant et stimulant du système immunitaire : le pourpier tonifie l’organisme, et renforce les défenses immunitaires, en cas d’importante fatigue. Sa prise permet de se prémunir contre une infection ou une maladie dangereuse, lorsque l’immunité s’affaiblit.

– Stimulant du système digestif : le pourpier facilite le transit intestinal grâce aux fibres présentes dans sa composition. Cette plante est d’une aide précieuse en cas de constipation et dans la recherche d’un ventre plat. Elle peut être également recommandée pour traiter les problèmes digestifs, comme la diarrhée, la dysenterie, la colite et les brûlures de l’estomac.

– Anti-inflammatoire : les feuilles fraiches du pourpier peuvent être écrasées et utilisées en cataplasme pour soigner l’inflammation des paupières.

– Antiseptique : cette plante médicinale est aussi employée pour soigner les infections, les problèmes cutanés, les furoncles, les pustules, les plaies et les piqûres d’insectes.

– Vermifuge : les graines du pourpier bouillies dans du lait permettent de déloger les vers intestinaux, dont les ankylostomes.

Précautions d’utilisation

La consommation de pourpier en tant que légume ne cause aucun effet secondaire. Le respect des doses prescrites est impératif, dans le cadre d’une utilisation à but thérapeutique. Les sujets souffrant de calculs rénaux et les personnes hypertendues sont tenus de signaler leurs médecins, avant tout traitement.

 

Références :

1. Larousse, Encyclopedia of Medicinal Plants (2nd Edition), 2001, 254.
2. Dr Jean-Michel Hurtel, Dossier : « Le pourpier : Une plante cosmopolite diététique et pour guérir du scorbut », 2011.
3. Table Ciqual, base de données de référence sur la composition nutritionnelle des aliments, Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES), 2008.
4. Id.
5. Victoria J. Drake, Jiang He, Jane Higdon, Linus Pauling Institute Micronutrient Information Center, 2009.
6. R.W. Bielinski, Magnésium et activité physique – Revue Médicale Suisse, vol 2, n°74, 2006.
7. « Supplément en calcium : Risques cardiovasculaires ? », Revue Prescrire, tome 33, n°353, 2013, 190-191.
8. Mary Lu Angelilli, Mattew J. Burden, R. Colin Carter, Neil C. Dodge, Joseph L. Jacobson, Sandra W. Jacobson, Betsy Lozoff, Rinat Armony-Sivan, Pediatrics 2010, 126.
9. Marc Fontecave, Dossier « Chimie des processus biologiques », 15 août 2014.
10. Marianna K. Baum, Jeffrey M. Greeson, Alex Gonzales, Johanna R. Klaus, M. Llabre, Peter J. Lawrence, Kevin J. Maher, Neil Schneiderman, Jay S. Skyler, Gail Shor-Posner. Suppression of human immunodeficiency virus type 1 viral load with Selenium, 2007, 167.
11. K.Chalker, J. Chow, L.C. Clark, G.F. Combs Jr, L.S. David, G.F Graham, E.G. Gross, A. Kongrad, J.L. Lesher Jr, B. Sanders, E.H. Slate, C.L. Smith, J.R. Taylor, JAMA, Effects of selenium supplementation for cancer prevention in patients with carcinoma of the skin, 1996, 276.
12. Griffin B.A., Guallar E., Rayman M.P., Pastor Barriuso R., Effect of supplementation with high selenium yeast on plasma lipids, 2011, 154.
13. Dr Michael Lam, M.D., M.P.H., A.B.A.A.M., western trained physician specializing in anti-aging and nutritional medicine.
14. Table de composition nutritionnelle Ciqual, ANSES, 2008.
15. Ivo Oliveira, Rosario Lopes, Albino Bento, Paula B. Andrade, José Alberto Pereira, Patricia Valentao. Phytochemical characterization and radical scavenging activity of Portulaca oleraceae L. leaves and stems, vol 92, 2009, 129-134.
16. The American journal of Clinical Nutrition, « α-linolenic acid and risk of cardiovascular disease », Review and meta-analysis, 2012.
17. Martijn B. Katan, Michel N.C.P. Buijsman, Peter C.H. Hollman, Margreet R. Olthof, Johan M.M. Van Amelsvoort. Journal of Nutrition « Chlorogenic acid, Quercetin-3-Rutinoside and black tea phenols are metabolized in Humans », vol 133, n°06, 2003,14.
18. Wishart K., Gordon M.H, Journal of agricultural and food chemistry « Effect of chlorogenic acid and bovine serum albumin on the oxydative stability of LDL in vitro, vol 58, n°09, 2010.
19. Si Dayong, Guo Y. Zhou Y.H., Fawcett J.P., Li Z.S., Drug metabolism disposition : « Mechanism of CYP2C9 inhibition by flavones and flavonols », vol 37, 2009.
20. Fang Dai, Bo Zhou, Qing Miao, Lilyanget Zhongli Liu, Life Science « Protective effects of flavonols and their glycosides against free radical induced oxidative hemolysis of red blood cells », vol 78, n°21, 2006.